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Le Doubs revit grâce au luxe

Philippe Sauter | Publié le 13 avril 2014, 07h00

Bethoncourt (Doubs), le 3 avril. A l’école Boudard, centre de formation des apprentis, on apprend à des élèves de tout âge à travailler le cuir. (LP/Philippe Sauter.)




ÇA S'ACTIVE dans les ateliers du CFA (centre de formation des apprentis) de Béthoncourt, près de Montbéliard (Doubs). Une cinquantaine de personnes y apprennent les subtilités de la maroquinerie. Autant d'hommes et de femmes qui ont la quasi-certitude de trouver un emploi dans la région après leurs huit mois de formation. En effet, la marque de luxe Hermès a décidé de créer deux nouveaux ateliers dans les environs de Montbéliard (Héricourt et un lieu restant à déterminer), qui s'ajoutent à celui de Seloncourt. En tout, ce sont 600 personnes qui vont travailler à la fabrication de sacs et d'autres objets en cuir Hermès. Un travail de grande minutie au pied de l'une des plus grandes usines de France, celle de Peugeot à Sochaux ? Le lien entre les deux activités n'est à première vue pas évident. Et pourtant.

Si Hermès s'est installé ici, c'est grâce à la présence de l'école Boudard, du nom de Robert Boudard. Aujourd'hui décédé, ce dernier fut sellier chez Peugeot-Sochaux. Une fois à la retraite, il ouvrit une école afin de transmettre son savoir de meilleur ouvrier de France acquis dans les métiers du cuir. Ecole d'où est née une filière entière au coeur d'une grande région industrielle.

Entretiens d'embauche avant même la fin de la formation

« Des personnes viennent de partout pour apprendre le métier, explique Fabrice Piguet, du CFA de Béthoncourt. Quand une promotion est prête, une autre lui succède. Pour la sélection, il n'y a pas de différence entre un bac + 5 et un sans diplôme. L'important est d'avoir de la dextérité et une grosse motivation pour suivre une formation pas facile. On a des élèves de tout âge. »

Avant même que ces personnes soient diplômées, les représentants d'Hermès viennent sur place assurer des entretiens d'embauche. Sylvie Lantz, 48 ans, originaire de la région, a ainsi toutes les chances d'intégrer, à l'issue de sa formation, les ateliers de la prestigieuse maison. « J'ai travaillé plus de vingt ans chez Peugeot et Faurecia (NDLR : équipementier automobile). L'industrie offre trop peu de perspectives. »

L'exemple d'Hermès n'est pas un cas isolé. La Franche-Comté et le Doubs en particulier sont une terre d'élection pour d'autres grandes marques du luxe telles Vuitton, Chanel ou Dunhill. A Etalans, sur les terres de l'horlogerie française, une usine de maroquinerie de luxe devrait s'implanter prochainement et créer 250 emplois. A Valdahon, l'entreprise SIS, sous-traitant pour les grandes marques, annonce l'extension de son usine et la création d'une centaine d'emplois. On estime que plus de 2 000 personnes travaillent le cuir de luxe dans le Doubs.